Réseaux sociaux d'entreprise

La vraie raison d’être d’un Réseau Social d’Entreprise

Ces derniers mois toute l’équipe de Canal-Web a beaucoup planché, pour le compte de nos clients, sur les tenants et les aboutissants des extranets et intranets collaboratifs. Ces plateformes collaboratives (un peu à la mode ces temps derniers) surnommées Réseaux Sociaux d’Entreprise, ou « RSE« . Le principe même du RSE est bon, mais trop souvent parfois nous constatons que les contraintes technologies et fonctionnelles prennent le pas sur la dynamique des groupes. En effet, le challenge n’est plus technique : bâtir des systèmes fiables est une chose, mais faire que les utilisateurs y trouvent un vrai intérêt et s’en emparent en est une autre. Voici quelques pistes de réflexions que nous explorons avec nos interlocuteurs régulièrement.

La vision productive :

L’email est souvent considéré comme la principale cible dans le cadre de l’implémentation d’une solution de type RSE. Il est vrai que nous produisons désormais en 2 jours l’équivalent de la quantité de données que l’humanité a créé jusqu’en 2003, soit 5 exaoctets (équivalent à 5 millions de Gigaoctets).

Souvenez-vous cette déclaration de Thierry Breton, ancien Ministre français de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de Jacques Chirac et alors PDG d’Atos Origin :

« Sur les 200 courriels en moyenne reçus quotidiennement par nos collaborateurs, à peine 10 % se révèlent utiles. L’email n’est donc plus un outil approprié. […] Le déluge d’informations sera un des plus importants problèmes que l’entreprise devra gérer dans l’avenir. […] Il est temps de penser différemment. Notamment en suivant l’exemple de la nouvelle génération qui n’utilise plus le courrier électronique. […] En interne, nous espérons éradiquer l’email dans les 18 mois à venir ».

Ici, le RSE est vu comme un moyen de faire « autant, plus vite ». Il en est un. L’individu gagne des minutes, or son temps de travail est constant donc ces minutes économisées sont réinvesties en actions, et l’organisation gagne alors en productivité, c’est indéniable. C’est même un des principaux motifs pour lesquels nos clients nous sollicitent.

Mais s’arrêter là –et c’est ce que nous disons à nos clients– c’est manquer le vrai sens du réseau social d’entreprise, en ne lui donnant pas l’occasion d’avoir un rôle fonctionnel, créatif. D’après l’institut Gartner, si 70% des entreprises ont déployé des solutions RSE, la grande majorité de ces projets s’avèrent être un échec sur le plan collaboratif par manque d’un but clairement établi. Seulement 10% réussissent sur ce point. La raison? il faut donner du sens à chaque outil ; pas seulement faire « plus vite », mais aussi « faire mieux ».

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La vision créative :

Par opposition à l’e-mail (qui est privé et asynchrone), l’intérêt principal d’un Réseau Social d’Entreprise ne réside pas dans le gain de temps, mais dans le surcroit de créativité qu’il permet par le traitement collaboratif, ouvert, instantané des problématiques d’entreprise. Celles-ci, par essence, concernent toute l’organisation et doivent être traitées comme des sujets de questionnement collectif qui seront par la même occasion archivés pour usage futur d’autres collaborateurs. Ceux-ci auront ainsi l’occasion de bâtir à partir de l’existant plutôt que depuis zéro à nouveau.

« You can trade hours for dollars or ideas for millions. »

Cette petite phrase bien connue et allègrement répétée par les entrepreneurs américains (traduisez « Vous pouvez gagner des dollars avec des heures (de travail) mais vous pouvez gagner des millions avec des idées ») illustre un fait très simple : les idées ont infiniment plus de valeur que le temps. Dès lors, économiser quelques minutes permet de gagner une poignée de dollars, mais stimuler la créativité peut mener à des idées qui feront gagner bien davantage…

L’enjeu d’un réseau social d’entreprise n’est donc pas d’offrir aux collaborateurs 20 minutes par jours de temps supplémentaire mais de leur permettre d’avoir des idées bien plus créatives que s’ils étaient parti seuls en quête d’une solution, et depuis zéro.

Cela dit, il ne faut pas sous estimer certains risques inhérents à l’introduction d’un RSE dans le mécanisme de fonctionnement d’une organisation ; notamment sur les changements qu’il implique dans la dynamiques des groupes.

Un RSE dans quel but ?

Voici 6 caractéristiques permettant de définir correctement le but de votre Réseau Social d’Entreprise :

  • l’attrait des participants :

Le but principal d’un RSE est évidemment d’inciter les gens à participer. Les utilisateurs doivent saisir facilement et rapidement l’importance et la valeur de la participation à cette démarche. L’objectif doit avoir un sens pour les participants et créer en eux un besoin impérieux d’en faire partie.

  • le choix d’une communauté :

Un RSE n’est pas nécessairement destiné à l’ensemble de l’organisation. Le but doit être rassembler une communauté suffisante pour catalyser la création d’un contenu pertinent et de qualité mais il est aussi important de ne pas « ratisser trop large » au risque de voir certains effets pervers apparaitre.

  • la répartition des contributions :

On l’a dit, un RSE est un lieu d’échange bidirectionnel entre l’entreprise (son top-management en l’occurrence) et les collaborateurs des différentes divisions. Il se trouve que les meilleures communautés voient un fort déséquilibre dans le volume des contributions entre ces deux groupes. Cela signifie que les collaborateurs contribuent beaucoup plus que les top-managers. C’est normal et c’est sain ; l’inverse transformerait le RSE en site « officiel » de la communication interne.

  • les valeurs de l’organisation : 

Le but du RSE doit être clairement expliqué, voire affiché et s’appuyer sur la ou les valeur(s) de l’organisation qui rassemblent clairement les collaborateurs, quelle que soit leur division ou leur rôle dans l’entreprise.

  • l’absence de contrainte à l’utilisation :

Tant que vous n’avez pas atteint la maturité du RSE (c’est à dire sa large acceptation et utilisation) préférez les faibles sanctions aux grandes récompenses. Ceci découle de 4 types de risques induits : les risques culturels et d’adoption, ceux portant sur la qualité de l’information et bien sûr sur le résultat final obtenu.

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A propos de Arnaud de La Bouillerie

Journaliste, rédacteur en chef print - web, ex-éditeur de presse... Mais surtout passionné du web, fondateur et directeur associé de Canal Web.

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