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CMS Open source : WordPress, Drupal et Joomla toujours en tête

Dans le monde très mouvant du web, les vérités sont de courte durée. Il y a plus de 18 mois je publiais un article “WordPress, Drupal, Joomla : Quel CMS choisir pour un site de contenu?”. Plusieurs mises à jour – et quelques révolutions numériques – plus tard, les constats sont-ils toujours les mêmes ?

L’évolution constante de la complexité des dispositifs web conduit les fournisseurs de solutions à faire preuve de toujours plus de créativité et d’inventivité. Car s’il y a bien une évidence : c’est que rares sont les porteurs de projets web qui ont envie que leur site qui ressemble à celui des autres.

CMS ou Framework ?

Ce questionnement est donc souvent au centre de sa réflexion lorsqu’on doit choisir un CMS pour son projet de site. D’autant que de plus en plus fréquemment les CMS sont en concurrence avec les solutions sur-mesure (basées sur des framework) qui permettent d’être au plus près des attentes de chacun.

Le choix d’un CMS est donc avant tout justifié si votre projet s’inscrit dans la philosophie historique de cette famille d’outils.

Revenons un peu aux sources. Selon les définitions les plus courantes, un système de gestion de contenu (Content Management System ou CMS) est une solution logicielle destinée à la gestion dynamique de sites web ou d’applications mobiles.

Le CMS au service du contenu

En résumé ils regroupent les principales fonctionnalités suivantes :

  • permettre à plusieurs personnes de travailler simultanément sur un même document
  • fournir un workflow de publication permettant de mettre en ligne le contenu des documents
  • structurer le contenu autour de formats (articles, FAQ, blogs, discussions, etc) en dissociant la forme des contenus eux-mêmes
  • hiérarchiser les droits des utilisateurs et leur attribuer des rôles et des permissions adhoc (utilisateur anonyme, administrateur, contributeur, etc)

Concrètement, un CMS est donc avant tout un programme informatique tourné autour de la publication en ligne. Il facilite la création d’un site web en proposant des modèles de sites (templates), des univers graphiques, etc. Les CMS cherchent à capitaliser au maximum sur les principes simples du  “What you see is what you get” (WYSIWYG).

Votre projet Web doit donc avant tout s’inscrire dans cette logique.

C’est ensuite seulement que les autres considérations du projet devront conduire votre réflexion sur le meilleur CMS pour votre projet. Car chaque CMS a ses qualités et ses défauts et le choix de l’un ou de l’autre dépendra de nombreux critères liés aux objectifs que l’on souhaite donner à son dispositif.

Issus d’horizons divers, les CMS se sont construits sur des socles techniques et fonctionnels propres à leur histoire.

3 leaders incontournables

Nous vous donnons ici notre point de vue sur les trois principaux CMS dédiés au contenu, car ils représentent encore près des 2 tiers des solutions au niveau mondial (vraisemblablement plus proche des trois quarts en France).

Passée la kyrielle de blogs et sites perso – en général majoritairement WordPress-, les parts de marché se concentrent au fur et à mesure que l’on monte en gamme, autour des ratios suivants :

  • WordPress : 40 à 48%
  • Drupal : 15 à 30%
  • Joomla! : 25 à 10%

Quel CMS choisir -

Quel CMS choisir - (1)

Comme l’illustre le tableau ci-dessus – on peut noter que, si WordPress reste leader sur l’ensemble des solutions open source du web, Drupal bénéficie d’une part relative croissante sur les sites générant le plus fort trafic. Ce phénomène est en partie lié au fait que Drupal est mieux implanté chez les gros acteurs, plus exigeants sur la souplesse et l’adaptabilité du code.

Nous allons, dans les lignes qui suivent, apporter plus de précisions sur ces solutions leader.

Des CMS dédiés au e-commerce

Mais il faut préciser qu’à côté de ces CMS “généralistes” d’autre CMS plus spécialisés dans le e-commerce tiennent également le haut du pavé en France (ils feront l’objet d’un article séparé) :

  • Prestashop
  • Magento

Quel CMS choisir - (2)

Pour les besoins de cette étude, nous allons donc concentrer nos efforts sur les trois CMS phase du marché français.

 

wordpress-logo

WordPress : à tout seigneur, tout honneur

Largement en tête – en volume de CMS installés au niveau mondial -, WordPress est un outil qui capitalise sur son imposant taux de pénétration, qui lui confère forcément une communauté à sa mesure. Facile à déployer dès lors que l’on rentre dans “ses clous”, il permet à plusieurs auteurs de publier simplement des billets, lesquels seront classés par date et par catégories. De multiples catégories, elles-mêmes imbricables, peuvent être affectées à un billet donné. De plus, WordPress inclut la gestion des liens externes, des rétroliens et un système de gestion fine des commentaires. À ceci s’ajoutent des fonctionnalités plus mineures, telles que des filtres typographiques, une interface polyglotte, et un système de liens permanents.

WordPress permet l’importation de contenus depuis plusieurs autres systèmes de gestion de contenus, tels que Blogger, Movable Type et Textpattern et l’exportation de flux de syndication au format RSS. En outre, WordPress respecte les standards du Web XHTML et CSS.

Du fait de ses nombreuses fonctionnalités, WordPress est un logiciel de blog plutôt destiné à des utilisateurs avancés, ayant un minimum de connaissances des systèmes de gestion de contenus. Malgré la clarté de son interface, la profusion de menus et ses possibilités en matière de configuration peuvent rebuter des utilisateurs débutants. Les utilisateurs avertis trouveront, quant à eux, de multiples possibilités pour transformer leur blog en une véritable boutique e-commerce, un portfolio ou un site plaquette fortement optimisable…

L’installation de WordPress est aisée, mais nécessite des connaissances techniques et un hébergement avec le langage de programmation PHP, une base de données MySQL et un accès FTP. Son interface publique est personnalisable grâce à des fichiers squelettes, et des plugins peuvent être développés. La communauté WordPress est très active, et propose un nombre croissant de ressources telles que des thèmes prêts à l’emploi, une documentation et des traductions du logiciel.

L’avis de Canal Web

Plus « léger » et user-friendly que ses concurrents, il permet un déploiement rapide et nécessitant peu de compétences techniques si on peut se satisfaire de ses très nombreux modules et thèmes disponibles.

A condition de ne pas avoir de besoins spécifiques ! Si on veut s’écarter de ce qui a été prévu par le module, ou pire faire « dialoguer » deux modules différents ça devient vite un enfer (exemple un projet de gros site communautaire sous WordPress, …)

En bref : très bien pour du site vitrine, du blog ou des sites simples voire pour des gros sites orientés contenu à partir du moment où il n’y a pas de customisation.

Les plus :

  • léger, rapide à implémenter
  • bénéficie d’une immense base de gabarits et de modules
  • très bien conçu pour les problématiques de contenu (SEO, Inbound, workflow rédactionnels)

Les moins :

  • énormément de modules “poubelles”
  • pas du tout adapté au développement custom
  • une passoire à sécurité, pb de compatibilté de versions (les mises à jour doivent systématiquement être faites pour des raisons de sécurité, mais viennent parfois casser des fonctionnalités développées pour les versions précédentes)

 

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Drupal : du sur-mesure au prix du prêt à porter

Drupal est un système de gestion de contenu libre et open-source publié sous la licence publique générale GNU et écrit en PHP.  Définit comme « assembleur rapide de site web » il est utilisable tel quel sur toute base LAMP, WAMP ou MAMP, mais il est largement personnalisable et programmable ensuite.

Drupal peut être utilisé à quatre niveaux différents : tel quel (il suffit de l’installer et de la paramétrer, les menus du site ont alors un aspect standard), avec une personnalisation simple (il est alors possible des faire des personnalisations telles que l’emplacement d’affichage, de composants standards et le thème d’affichage), en extension par ajouts externes (ajout, paramétrage et personnalisation de modules optionnels n’appartenant pas au noyau) ou en extension par développement interne (écriture de nouveaux modules régis par la GPL).

Drupal lui-même utilise une base de données – comprenant typiquement 60 à 300 tables selon les modules activés – et une hiérarchie de fonctions, toutes substituables, permettant au développeur d’application expérimenté de réécrire la seule partie qu’il désire modifier, et uniquement au niveau d’abstraction auquel il s’intéresse, sans toucher au reste.

Drupal propose une approche plus conforme à celle d’un développeur web. Chaque contenu de site s’organise autour de quelques concepts un peu compliqués au premier abord : Le noeud, les blocs et les modules.

Un noeud, c’est le concept même du contenu. Un noeud – node en englais – peut être un article, mais aussi être une page statique, un texte de profil utilisateur. C’est un contenu auquel on peut définir un rôle selon son utilité. Exit les systèmes de catégories et sections, c’est celui de taxonomie qui fait autorité chez Drupal. Cela consiste en une forme de « tagging » d’un noeud avec un mot ou un rôle, ce qui permet d’organiser le contenu de façon plus sémantique que hiérarchique.

Le bloc, lui, est tout simplement une position dans un thème visuel, où l’on peut placer chacun de ses menus et outils autour du contenu principal. Chaque thème visuel propose naturellement plusieurs blocs.

Le module, quant à lui, fournit des fonctionnalités diverses, ainsi que des éléments pouvant être placés au sein de blocs.

Une différence notable avec Joomla, c’est le fait que la plupart des modules dépendent d’autres modules. Chez Joomla chaque composant ou module fonctionne individuellement dans son coin.

L’avis de Canal Web

Très souple par nature, on peut l’utiliser pour un large éventail de sites : dès qu’il y a des problématiques de gestion de contenus, de droits d’utilisateurs différents, de formulaires, de contribution (réseau social…) Drupal se révèle un choix parfait, et couvrant – l’air de rien – une infinité de possibilités…

Du point de vue du développeur, la qualité de sa documentation, de ses modules et de sa communauté rend les customisations avancées plus « accessibles » ou « naturelles », notamment grâce à sa logique de fonctionnement. Par exemple il est incomparablement plus facile de faire du e-commerce avec Drupal (même sans Drupal Commerce) que du communautaire sur Magento…

Par ailleurs Drupal 8 se dirige vers un véritable approche de framework, ce qui devrait accentuer son positionnement de CMS capable d’intégrer des développements sur mesure.

Les plus :

  • très open-source, modules nombreux, propres et gratuits
  • souple au niveau du développement, proche d’un framework, de loin le mieux conçu pour du sur-mesure !
  • communauté immense et active
  • des modules phares qui ouvrent le champ des possibles : Drupal Commerce pour le e-commerce, Drupal Commons pour les RSE et intranets, etc.

Les moins :

  • on a tendance à oublier que la courbe d’apprentissage est longue
  • une bonne connaissance des modules est largement requise
  • un peu lourd à mettre en place pour les plus petits projets
  • peu de thèmes disponibles, le SEO doit être configuré par des professionnels

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Joomla! : un résistant pour les petits projets

Il est écrit en PHP et utilise une base de données MySQL. Joomla inclut des fonctionnalités telles que des flux RSS, des news, une version imprimable des pages, des blogs, des sondages, des recherches.

Avec Joomla il est facile de publier du contenu et mettre à disposition des utilisateurs des services tels que forums, boutiques en ligne, galeries photos, etc. le tout sans connaissance technique particulière.

S’il est d’abord orienté gestion de contenu, c’est à dire destiné à mettre en ligne des articles et des news, Joomla peut assez facilement être utilisé pour créer ses portails, sites de boutique en ligne, sites communautaires, sites personnels, etc. ce grâce aux centaines d’extensions disponibles auprès de la communauté.

Un des avantages le plus notable est justement l’étendue de ladite communauté, ce qui vous permettra de trouver rapidement une réponse à vos problèmes. Joomla propose une approche qui privilégie la facilité d’accès pour les débutants.

Les sites s’organisent principalement en articles, qui sont organisés dans une arborescence à 2 niveaux. Un article est toujours classé dans une catégorie, elle-même classée dans une section. Cela peut paraître restrictif, mais avec un peu d’organisation, le système fonctionne bien.

Autour des articles, Joomla propose trois concepts de personnalisation des pages : les modules, les composants et les plugins. Trois éléments qui portent à confusion, mais qu’on arrive facilement à prendre en main avec un peu de pratique. Les modules sont les éléments visuels qui entourent le contenu principal d’un article et que l’on peut placer à son envie aux positions proposées par un thème visuel. Cela peut aller d’un simple menu à un petit encart météo. Les composants, eux, sont chargés d’afficher un type de contenu principal particulier. Cela peut consister à afficher des articles au format blog, ou mieux à afficher un site de vidéos sélectionnées depuis YouTube. Les plugins, enfin, sont chargés d’effectuer des traitements automatiques sur les articles ou le système. Vous pouvez, avec ceux-ci, ajouter automatiquement du contenu HTML en fin de chaque article, ou remplacer l’éditeur de texte par défaut du système

Joomla peut tout à fait suffire pour un bon nombre de sites, et bénéficie d’une bonne prise en main (et avec un peu de connaissance en CSS et PHP, on peut rendre l’interface de Joomla un peu plus propre).

En revanche, il s’avère peu pratique dès lors que l’on recherche des fonctions sortant un peu des clous.

L’avis de Canal Web

Bien que moins ancien que Drupal et WordPress, Joomla réussi quand même à se faire une belle place dans le monde des CMS et ce grâce à sa communauté très active, sa facilité d’utilisation et sa flexibilité. Le web regorge d’extensions dédiées à Joomla et la gestion du contenu, des menus et des catégories.

Joomla à également l’avantage d’être assez performant en terme de référencement. Celui-ci propose une gestion des mots clés, meta description et des adresses assez précises permettant de faciliter le positionnement des articles dans les moteurs de recherche.

Cependant développer pour Joomla n’est pas une chose aisée et demandera d’abord une bonne compréhension de son architecture, plutôt rebutante pour les codeurs et pas vraiment souple.

Les plus :

  • une communauté de taille conséquente et vraiment active
  • une interface d’administration assez intuitive pour un utilisateur non-initié.
  • une grande quantité de thèmes

Les moins :

  • les défauts de ses versions précédentes lui ont laissé une mauvaise réputation auprès des développeurs… encore aujourd’hui ?
  • la documentation
  • le développement custom peut s’avérer assez difficile
  • au niveau technique, l’efficacité du code est souvent décriée, avec parfois des impacts sur les performances
  • performances de base SEO médiocres, l’amélioration nécessite des plugins

 

CMS Open source : WordPress, Drupal et Joomla toujours en tête
3 (6 votes)

A propos de Arnaud de La Bouillerie

Journaliste, rédacteur en chef print - web, ex-éditeur de presse... Mais surtout passionné du web, fondateur et directeur associé de Canal Web.

3 commentaires

  1. Aucun

    Joomla utilise la multi-catégorisation depuis sa version 1.6 (nous en sommes à la version 3.4). Le système Section/catégorie est abandonné depuis longtemps et la lecture de votre article m’a fait croire à un vieux billet de 2009…

  2. Mathieu

    Effectivement, l’information relative à Joomla parle d’une version qui date de plus de 3ans. Donc je dirais que ce billet n’a jamais été basé sur une vraie expérience et surment pas de professionnel.

    Je dirais même que ce billet n’a aucune crédibilité. Refaite vos devoirs s.v.p…

  3. Julien

    Comment pouvez-vous écrire que « Joomla à également l’avantage d’être assez performant en terme de référencement. » et juste après spécifier dans les moins : « performances de base SEO médiocres, l’amélioration nécessite des plugins ». Un peu de cohérence ne ferait pas de mal, même si cet article n’est là que pour le SEO…

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